Google règne peut-être en maître sur les moteurs de recherche, le logo coloré ne brille pas de mille feux dans toutes les sphères du Web. Ce n’est un secret pour personne, le réseau social Google+ a ironiquement de – en – de membres, malgré un lancement qui augurait bien. À ce jour, 90 millions sont inscrits, mais leur temps de fréquentation est d’environ 3 minutes par mois!  Tous les ingrédients du parfait réseau social y sont pourtant : conférence vidéo à plusieurs, tri des amis très facile, etc.  Alors, que s’est-il passé?

Une véritable étude de cas pourrait être réalisée pour mieux comprendre ce phénomène. Mais comme je n’ai que 500 mots à ma disposition, je me pencherai sur un facteur qui me semble primordial : l’endossement d’un projet par les autorités.

En effet, il faut admettre que vouloir concurrencer Facebook représente un projet plutôt ambitieux. Pour s’attaquer à un tel projet, il faut à mon avis au minimum être convaincu soi-même de son potentiel, sans quoi l’opération a peu de chances de réussir.

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En juin 2011, le lancement de la plateforme de réseautage social Google+, en version bêta et à l’inscription limitée, crée un engouement certain. Le 20 septembre 2011, lors de son ouverture au grand public, le site atteint un nombre record de visiteurs avant de retomber, pour revenir exactement au point de départ (voir graphique ci-contre).

En octobre, plusieurs journalistes rapportent que même les têtes dirigeantes de la compagnie utilisent peu ou pas le site. Certains mordus ont même conçu une image qui illustre le peu d’intérêt porté par les plus hauts gradés de la compagnie à Google+. Parmi eux, celui qui a été le CEO de l’entreprise pendant  10 ans, Eric Schmidt, n’avait alors même pas de compte, alors que l’actuel CEO, Larry Page,  n’en faisait qu’un usage minimal (voir infographie ci-contre, cliquer pour agrandir).

Les internautes ont l’oeil fin pour remarquer ce genre de « manquement » (corrigé depuis pour certains). Mais le même principe s’applique dans n’importe quel type de projet. Si les autorités elles-mêmes ne semblent pas croire en ce qu’elles financent et encadrent, comment est-il possible de vendre l’idée à d’autres? Obtenir l’aval des autorités est quelque chose, mais le projet doit aussi être pleinement endossé, du moins en apparences. Il s’agit d’une étape clé que tout gestionnaire de projet devrait s’assurer d’avoir franchie avant d’engager ses énergies dans un objectif. Toutefois, ce n’est malheureusement pas toujours sous son contrôle.

Si les autorités de Google avaient réellement cru en leur capacité de surpasser le site de Mark Zuckerberg, il est fort probable qu’elles auraient adopté une stratégie différente. Il faut toutefois mentionner que le chef de Google s’est rendu compte de cette lacune. Il a alors  nommé un vice-président responsable des réseaux sociaux et a promis des bonus de 25% à ceux qui apporteraient du succès à l’entreprise dans ce domaine. Trop peu trop tard? On ne peut l’affirmer avec assurance, mais cela a fort probablement penché en défaveur de la plateforme sociale.

Si le sujet vous intéresse :

Failure to Launch: Google+ Growth Spurt Short Lived (source du graphique)

L’échec de Google dans les réseaux sociaux confirmé en interne

Infographie sur l’usage de Google+ par les dirigeants

3 commentaires sur “Obtenir l’accord, et plus encore

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  1. Très bon article Marilyne! Je savais que Google + était en perte de vitesse, mais j’étais loin de me douter que la plateforme était boudée à l’intérieur même de l’empire Google!

  2. Bel article! Cordonnier mal chaussé!?
    Il n’est effectivement pas évident de mené à bien un projet alors que les autorités en place n’y adhèrent pas. J’expérimente un peu le même genre de problème pour un projet sur lequel je travaille et je dois avouer que ce n’est pas toujours facile.

  3. Personnellement, je ne m’étais pas inscrite sur G+, puisqu’il s’agissait d’un nouveau média qui selon certains n’allaient percer, car il a été amené en réaction et compétition à Facebook. Comme tu l’as mentionné, l’engoûement a été très fort au début et en perdition par la suite, car tout le monde a voulu voir ce que c’était pour se rendre compte que c’était plus que semblable à Facebook, donc pourquoi, une fois notre réseau établi sur Facebook, irions-nous réétablir le même réseau sur un autre site?
    Toutefois, je crois qu’en temps qu’expert de la communication dans nos emplois respectifs, nous nous devons de connaître toutes les plateformes, bonnes ou pas, afin de pouvoir les recommander ou les déconseiller, le cas échéant.

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